Publié par : asdetrefle | 11 octobre 2010

Le métier de femme

Il m’accompagne depuis quelques semaines. Chaque jour, je lis quelques pages du « Métier d’homme ».

Pas trop, pour bien les digérer, les savourer. Et dans ma voiture, j’écoute « La philosophie de la joie ».

En ce moment, Alexandre Jollien fait partie de ma vie. Ses réflexions m’ouvrent des pistes. Concis et précis, ses mots donnent sa vision de la vie. Lui, il est né blessé.  Handicapé. Depuis toujours, pour lui, le quotidien n’est en rien une évidence. Une simple promenade dans un lieu public, par exemple,  est un combat contre les regards moqueurs et les idées préconçues. Il a trouvé dans l’étude de la philosophie des réponses, des conseils pour cette lutte quotidienne. Et ce combat, il le veut surtout, joyeux.

Il fait ainsi l’éloge de la légèreté :

« Qui adopte la légèreté, subtil antidote au désespoir, éprouve les dangers d’une révolte grimaçante, devine que la souffrance ne fait pas vivre que des saints et des sages. Devenir léger, c’est accepter humblement le sort après avoir tout tenté pour éradiquer son ombre, affirmer une résistance là ou priment la révolte et la colère, c’est refuser que la rage et la haine viennent aliéner la liberté. Être léger, c’est donc recourir de force à la joie contre ce qui aigrit, contre ce qui isole, épauler celui qui souffre pour qu’il ne se claquemure pas dans son mal-être. La légèreté va contre. Elle va contre ce qui rétrécit. »

La vie est une lutte pour lui, elle l’est un peu moins pour moi, certes. Je n’ai jamais eu a affronter ni les difficultés physiques, ni les difficultés morales qui en résultent, que lui affronte. Mais nous sommes frères d’humanité. Nous partageons cette condition humaine qui pourrait être désespérante si elle n’était acceptée avec jubilation.

Alors Alexandre Jollien enseigne. Il confie à ses lecteurs les messages qui l’aident au quotidien, pour affronter avec exigence et indulgence, le métier d’homme. A persévérer, à instituer des choix dans sa vie, pour correspondre à ce qui est soi en profondeur, ce qu’il appelle « la vocation ». L’importance de se rappeler qu’il faut progresser, avancer. La richesse de la rencontre.

Alexandre, j’ai adoré ces moments que j’ai passés avec lui.

Et je lui laisse le mot de la fin.

En dépit des envieux, des grincheux ou des vengeurs, l’adepte de la légèreté relève donc le défi d’accueillir l’existence, de l’embellir chaque jour. Sur son chemin, la présence de l’autre consolide la persévérance. Dès lors, pour assumer une difficulté qui désarme, il s’ouvre et consent à trouver une aide, à risquer la rencontre.

 

Edit: C’est un peu ce qu’on fait sur les blogs, instaurer un peu de légèreté dans nos vie. Et notre philosophe Menthalo l’a très joliment exprimé dans ce billet, il y a quelques mois.

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Responses

  1. Merci, merci AdT pour m’avoir fait connaître cet auteur!!Je vais peut être, enfin pouvoir expliquer ma conception de la vie par les mots ( maux) d’un autre!!

    • Je pense en effet que sa vision des choses te correspond bien!

  2. « risquer la rencontre » ces mots résonnent fort pour moi .
    Le sourire d’Alexandre Jollien est désarmant ! Je l’ai écouté avec attention lors d’une émission/doc…ben t’en prend plein les écoutilles et tu relativises…

    • Alors, nous deux, on prend le risque, bientôt?

  3. Merci pour ce beau billet ADT.
    Ca me donne vraiment envie de lire cet auteur.

  4. J’ai pas le temps de lire le billet, là, mais juste je veux dire que j’aime beaucoup ce qu’écrit Alexandre Jollien ! @+

    • T’as lu lesquels, toi? Il arrive à se renouveler dans ses autres bouquins?

      • J’ai lu La construction de soi. Et puis ses chroniques dans Psychologies Mag.
        Moi je ne le trouve pas redondant, mais je ne suis pas une référence !!

  5. Très bel éloge!

  6. wahou, que ce billet est beau et bien écrit. Je ne suis pas adepte de ce genre de bouquin qui t’indiquent comment vivre ta vie, mais tes deux citations me parlent tellement que je vais devoir aller me procurer ça vite fait, le genre de lignes que je lirais et relierais avec délectation…
    Merci!

    • C’est justement pas un bouquin qui te dit comment vivre ta vie. C’est juste des pistes, des axes de réflexion.
      Et je pense aussi le relire, plus lentement…

  7. Je ne lis pas ce genre de littérature (trop de paresse j’imagine) mais il est vrai que le personnage est incroyable.

    • Moi non plus, je ne suis pas une grande philosophe! Mais je l’ai vu à la TV et j’ai eu envie d’en savoir plus.

  8. J’ai du mal à lire autre chose que des romans du coup c’est bien un billet qui résume, ça me permet d’être au courant!

    • Je suis loin de résumer, ça vaut le coup de le lire. Et c’est trés court !

  9. salut grande soeur, je suis enfin arrivé à finir un livre, « la vie dvt soi » de romain gary, alors pour continuer sur cette lancée je viens chercher de nouvelles pistes! Ca a l’air pas mal alexandre jollien, mais comme il en a écrit plein lequel est-ce que tu conseilles? zoubs


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